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Le Microbiome

AREG Bien-être : Diversité alimentaire et microbiome (intro)

Ces dernières années les propositions de compléments alimentaires de type prébiotiques (aliments pour bactéries) et probiotiques (supplémentation en bactéries ou levures) fleurissent dans nos pharmacies et chez les fabricants d’alimentation animale. Peut-on essayer d’y voir plus clair ?

On sait aujourd’hui que la microflore de nos animaux est essentielle dans la digestion, la protection contre des pathogènes mais également la stimulation du système immunitaire. Cette microflore évolue avec l’âge, l’alimentation et l’état de santé de l’animal. On sait aussi que la diversité de la flore est directement reliée à la diversité de l’alimentation et qu’il faut considérer la flore comme un ecosystème complexe en équilibre fragile. Pour autant doit-on céder à la mode des compléments alimentaires ?

Il faut savoir que chez l’homme l’effet bénéfique lié à l’ajout de bactéries n’est généralement que transitoire car les bactéries ingérées ont du mal à s’implanter dans la couche de mucus de nos intestins. Cela ne veut pas dire qu’apporter des bactéries via l’alimentation ne sert à rien mais il faut trouver la/les bonnes approches qui traite(nt) l’écosystème dans son ensemble (dans le papier de demain une piste possible)

AREG Bien-être : Diversité alimentaire et microbiome (une alimentation adaptée-1)

Dans un papier précédent nous avons vu qu’avant de se précipiter vers des compléments alimentaires, il fallait déjà réfléchir a l’écosystème dans son ensemble et viser une alimentation diversifiée et adaptée pour votre animal. Une des solutions pour garder de la diversité alimentaire est l’alimentation crue que je pratique et il est effectivement décrit que le cru avec les compléments nécessaires permet de garder une microflore équilibrée ainsi qu’une proportion bénéfique de bactéries et de produits de transformation (The fecal microbiome and metabolome differs between dogs fed Bones and Raw Food (BARF) diets and dogs fed commercial diet. M. Schmidt et al, 2018, https://doi.org/10.1371/journal.pone.0201279 ). Si on pousse le raisonnement un peu plus loin, l’ajout de panse d’animaux qui fait partie d’une alimentation crue équilibrée, apporte un supplément nutritif, bactérien et des enzymes digestives et pourrait bien être une des pistes à explorer pour garder une diversité alimentaire et par voie de conséquence une diversité bactérienne. Mais il faut garder une approche scientifique et une étude spécifique sur le sujet sera nécessaire.

AREG Bien-être : Diversité alimentaire, microbiome et crises convulsives

L’article scientifique cité dans l’article précédent ( The fecal microbiome and metabolome differs between dogs fed Bones and Raw Food (BARF) diets and dogs fed commercial diet. M. Schmidt et al, 2018) aborde la thématique de la relation entre l’alimentation et les crises d’épilepsie, sujet qui m’a toujours interpellée. Dans ma pratique j’ai pu croiser des chiens présentant des convulsions à répétition attribuées à tort ou à raison à de l’épilepsie. Lors des bilans, qu’ils soient comportementaux ou ostéopathiques, je préconise toujours un passage à l’alimentation crue ou à défaut à des croquettes présentant des taux très faibles en glucides (nous aborderons ce thème lors d’un prochain article). Dans tous les cas la modification du régime alimentaire à permis de stopper les crises , ce qui n’était en aucun cas l’objectif premier. A la lecture de cet article le lien entre la disparition/ diminution des crises et le régime est apparu clairement.

La prévalence de crises d’épilepsie chez le chien peut-être estimée entre 1 et 2% et la plupart des traitements utilisés ne visent à traiter que les crises convulsives sans approche préventive. D’ailleurs environ un tiers des chiens traités continuent à avoir épisodiquement des crises .

C’est pourquoi des recherches ont été menées pour établir l’impact éventuel de l’alimentation

Le papier du groupe allemand fait référence à certaines études montrant une amélioration de phénomènes épileptiques chez l’enfant avec des protocoles alimentaires qui ont été testés et améliorés depuis les années 1920 (Epilepsia, 44(Suppl. 7):26–29, 2003). De la même manière certains protocoles ont été expérimentés chez le chien avec les régimes de type cétogènes: riches en graisses avec des protéines adaptées et surtout pauvres en sucres; le ratio graisses sur protéines et sucres étant de 4 pour 1.

Le protocole pour chien testé dans l’étude (British Journal of Nutrition (2015), 114, 1438–1447) est riche en acides gras de longueur intermédiaire (6 à 12 atomes de carbone). On observe une augmentation de métabolites de type neurotransmetteurs (régulateurs de l’activité cérébrale) ou précurseurs de neurotransmetteurs. La présence de ces neurotransmetteurs permet clairement de stabiliser et de prévenir les crises convulsives. Le traitement a été comparé à des alimentations en croquettes classiques beaucoup plus riches en sucres. Il montre une amélioration notable de la survenue de crises convulsives. Dans le cas de l’alimentation crue* ces proportions (graisses versus protéines et surtout sucres) sont respectées ce qui explique la corrélation avec les observations dans ma pratique.

Je serais intéressée de savoir si vous avez rencontré des cas similaires lors de changement d’alimentation?

*Il est évident que nous parlons ici d’une alimentation crue équilibrée.

AREG Bien-être : Diversité alimentaire et microbiome (une alimentation adaptée-3)

Vous avez tous entendu la phrase « Il ne faut pas changer l'alimentation des chiens, sous peine de troubles digestifs importants ». Suite à cette série d’articles, il vous paraît sans doute maintenant évident qu’au contraire il faut manger diversifié, pour héberger une flore intestinale diversifiée. Imaginez que vous mangiez uniquement le même plat pendant 1 an. Que va -t-il se passer si brusquement vous introduisez de nouveaux aliments ? Des troubles digestifs évidement, car vous n'avez pas la population bactérienne adaptée à leur digestion. C'est exactement le même processus pour les chiens. Un changement brutal d'alimentation entraîne des diarrhées alors que si l’alimentation est variée la micro-flore de votre animal sera plus diversifiée et il n'aura plus de "troubles digestifs" au moindre lapement de flaque d'eau.

« Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit dans ta nourriture » selon Hippocrate

Pour les personnes qui nourrissent au cru , le fait de varier l’alimentation est ancré et compris, mais pour celles utilisant les croquettes c'est peut être moins évident. En effet 40% des chiens reçoivent les mêmes croquettes tout au long de leur vie ... Rappelez vous, notre micro-flore est en symbiose avec nous, c'est un équilibre, si elle va mal nous irons mal ...

AREG Bien-être : Diversité alimentaire et microbiome (l’œuf ou la poule )

Lors de papiers précédents nous avons parlé du maintien de notre écosystème bactérien intestinal. La question qui est souvent posée est la suivante : est-ce le dérèglement de notre système bactérien qui entraîne des dysfonctionnements majeurs dans l’organisme avec l’apparition de certaines maladies ou l’inverse ? Qui est l’œuf et qui est la poule en quelque sorte. D’aucun semblent penser qu’il suffirait de trouver la formule miracle pour garder une microflore équilibrée et ne plus avoir de maladies… doux rêve. Par contre nous savons que les phénomènes inflammatoires sont à l’origine de nombreuses pathologies et ont un impact majeur sur notre microflore en favorisant entre autres l’augmentation de certaines ‘mauvaises’ bactéries qui, à leur tour, favorisent l’inflammation et peuvent amplifier le phénomène créant ainsi un cercle vicieux, l’inflammation favorisant l’inflammation. Il parait alors évident que si on arrive à rompre ce cercle vicieux en rétablissant une microflore équilibrée l’organisme sera en meilleur posture pour lutter contre la maladie. De nouveau on vise à traiter un écosystème pour atteindre une micro-flore diversifiée qui va permettre de rétablir l'équilibre plus rapidement face à une maladie, un stress, une blessure … Pour ceux qui veulent aller plus loin (https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale)

AREG Bien-être : l’Ecosystème intestinal

On pense le plus souvent à des bactéries quand on parle de flore intestinale mais le microbiome est en fait une communauté d’organismes avec, bien sûr, des bactéries présentes le long du tractus digestif en nombre et en nature variable, mais également des levures et des champignons, des virus et, pour nos animaux, des vers de différentes natures. Tout ces organismes vivent en équilibre dans notre intestin et on peut vraiment parler d’un écosystème particulier, interface entre le monde extérieur (la lumière intestinale) et notre organisme. Les levures peuvent représenter en poids une part non négligeable du microbiome. La supplémentation en certaines levures dans des essais cliniques contrôlés a montré des résultats intéressants dans des cas de colopathie fonctionnelle chez la femme (Digestive and Liver Disease47(2015)119–124). Une des explications est que cette supplémentation sur une période suffisante stabilise l’écosystème intestinal et favorise à nouveau la diversité bactérienne. On voit ici toute l’importance de l’interaction de ces deux familles d’organismes. Dans le cas des vers on sait qu’ils provoquent des maladies de longue durée et de nombreux décès. Des recherches menées à Manchester ont montré que certains vers pouvaient modifier l’équilibre bactérien de l’hôte afin d’empêcher le système immunitaire de s’attaquer efficacement aux vers eux mêmes et à leurs œufs assurant par là même leur survie.

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