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L'inflammation


Zoom sur l’inflammation car ce processus physiologique est souvent mal compris et confondu. Nous verrons dans un prochain article la cicatrisation.

Déjà l’inflammation c’est un processus physiologique et non un état. Elle peut être causée par un phénomène mécanique (modification de l’hémodynamique…ce que l’on va traiter en ostéopathie), physique (chaleur, radiation), chimique (toxine, venin…) ou biologique (virus, bactéries, parasites...). L’inflammation va différer selon sa nature mais également en fonction du facteur temps et de son intensité. Les symptômes d'une inflammation aiguë apparaissent rapidement. Cette phase aiguë dure généralement 1 à 3 jours. Souvent, elle évolue vers une phase subaiguë, pouvant durer de 3 jours à 1 mois. C'est elle qui va permettre d'évoluer progressivement vers la phase de cicatrisation.


C’est pourquoi il est important d’attendre au minimum 48 heures après un « choc » avant de nous montrer votre animal en ostéopathie (bien sur hors contexte vétérinaire, là vous n’attendez pas !). Car avec la douleur et le gonflement ce n’est pas aisé d’aider au mieux nos patients, il est plus intéressant d'attendre que cette phase aigüe passe. Attention l’animal va souvent mieux la journée mais une rechute arrive au petit matin. Le phénomène survient lorsque le système immunitaire se met en mode accéléré pendant le sommeil. Ce pic nocturne où le système immunitaire carbure et provoque davantage d’inflammations. Donc ne pas annuler un rendez-vous car il y a un léger « mieux » dans la journée, c'est simplement que le système immunitaire se "repose".


Il est essentiel de comprendre que l’inflammation va être provoquée par l’agression du tissu mais qu’il n’y a pas forcement atteinte structurale de ce dernier.

Il y a plusieurs phases mais 4 visibles qui sont intriquées les unes dans les autres mais pour un soucis de compréhension nous allons les dissocier. Elles sont parfaitement résumées par Celse, médecin romain du 1er siècle par la célèbre maxime « rubor, calor, tumor, dolor » (rougeur, chaleur, gonflement, douleur).


1- Phase préparatoire

Lors de l’agression des tissus il y a une libération d’agents vaso-actifs. Dans les secondes qui suivent cela il va y avoir une vasoconstriction artériolaire qui va entraîner la raréfaction de la perfusion

2- Rougeur, Chaleur et Douleur

La vasoconstriction va être suivie par une vasodeconstriction artériolaire et par une dilatation capillaire. Cette dilatation capillaire reste permanente et va provoquer une augmentation du débit sanguin local. Il y a alors une augmentation de la quantité de sang dans le territoire agressé : c’est ce que l’on appelle la congestion active. On va ainsi observer une rougeur et une chaleur (augmentation de la température lors de l'augmentation d’un afflux sanguin).

La notion de douleur arrive via l’histamine (et d’autres agents vaso-actifs) qui va exciter les différents nocicepteurs (récepteur de la douleur) présents dans la zone.

3- Gonflement

La congestion active va entraîner un oedème par la modification de la perméabilité capillaire (pression qui change et cellules, protéines attirées alors que normalement elles ne le sont pas = formation de l’exsudat inflammatoire)) entraînant un gonflement de la zone.

4- Formation d’un granulome inflammatoire

L’hyperméabilité des parois capillaire va permettre le passage de cellules plus importantes c’est ce qu’on appelle la diapédèse. Cela va entraîner la formation d’un granulome inflammatoire pour préparer la cicatrisation. Parmi des éléments sanguins nous pouvons donner la fibrine qui va permettre de limiter le foyer de l’inflammation et permettre la coagulation.

5- La team nettoyage

En parallèle au granulome inflammatoire la thrombine va provoquer la coagulation ( elle transforme le fibrinogène en fibrine). Les anticorps, leucocytes et autres macrophages se déplacent dans la zone pour nettoyer les tissus nécrosés, corps étrangers et autres réjouissances. Les leucocytes er les macrophages vont également secréter des facteurs qui vont activer la prolifération des fibroblastes.


Puis s’en suit la phase de cicatrisation … que nous développerons dans un prochain article !